jeudi 11 février 2016

Pour Richard Tabbi > enfance

J’ai trois ans. Ma mère me lâche la main dans la cour de l’école maternelle. Pour rire de mon vertige, je te trouve, toi, l’ami, mon frère. Tu ne sais rien du monde. Je te raconterai tout : les guerres, les trains de la mort exposée, élue, les champs de blé, les soleils et la pluie et les crayons de bois à tailler. Je serai tes yeux. Je t’offrirai des cœurs de fraise en bonbons. Tu seras mon indien, je serai ton totem….

Dans ma tête à moi, flottent des mots et des rires d’enfants.
Comment les capter ?
Comment y naître ?
C’est vertigineux comme j’ai peur.
Oui je souffrirai
Oui j’aurai peur
Oui mais non
Et pourquoi pas d’ailleurs ?
J’aime les fraises. Je t’aime aussi quand tu ris, quand tu pleures.
Prends ma main. Sois mon clown, ma friseuse d’histoires folles. Toi, je t’entends dans mes oreilles. C’est fou, tu es plus belle que mon orteil !
Bon sang, diablement, toi….